Arnaque : des subterfuges prolifiques

Partager
Tweeter
Partager
Courriel

« On dit toujours que ça n’arrive qu’aux autres, jusqu’au jour où les autres c’est toi.
           Auteur inconnu

En 2016, presque 2 millions de crimes contre les biens ‑ qu’il s’agisse de vol, de possession de biens volés ou de fraude ‑ ont été déclarés à la police au Canada. Le domaine de l’arnaque est malheureusement devenu une entreprise bien lucrative.

Arnaque amoureuse

Le stratagème est très simple : séduire une personne au moyen d’Internet afin de gagner sa confiance et de pouvoir ainsi lui soutirer de l’argent.

Selon le Bureau de la concurrence et le Centre antifraude du Canada, il s’agit de l’arnaque la plus « rentable » pour les criminels. En effet, la Gendarmerie Royale du Canada, en 2016, a même rapporté que les Canadiens à la recherche de leur âme sœur s’étaient fait arnaquer pour près de 17 millions de dollars.

Malheureusement, même s’il y a de plus en plus de plaintes déposées à la police à cet égard, il demeure très difficile de poursuivre les protagonistes en justice puisque, si certains réseaux exercent leurs activités depuis le Canada, la plupart se trouvent à l’étranger et sont donc très difficiles à retrouver.

Faites attention à vos « amis »

Parfois, la « menace » provient d’une personne qui semble de prime abord bienveillante. La Cour du Québec, dans un jugement récent (R. c. Blouin), a condamné un homme qui se spécialisait dans ce type d’infraction.

L’accusé, qui avait proposé à son nouvel ami d’entreposer certains de ses biens afin de tenter de les soustraire du partage du patrimoine familial au cours des procédures de divorce, a tout simplement décidé de les vendre à l’insu de son propriétaire. Il a même poussé l’audace jusqu’à lui demander de lui prêter à plusieurs reprises de l’argent lorsqu’il a appris que la victime avait reçu une somme 66 000 $ de la vente de sa résidence.

Lorsque la victime s’est rendu compte de la situation, l’accusé a feint de ne pas la connaître et a affirmé ne rien lui devoir.

Bien qu’aucune entente écrite n’ait été signée entre la victime et l’accusé, la version invraisemblable de ce dernier n’a soulevé aucun doute raisonnable et il a été déclaré coupable d’avoir volé divers objets ainsi que d’avoir, par supercherie, mensonge ou autre moyen dolosif, frustré la victime d’une somme d’argent dépassant 5 000 $.

Arnaque au travail

Certaines personnes peuvent aussi profiter du lien de confiance avec leur employeur afin de tenter de s’enrichir.

Dans R. c. Lefebvre, 3 employés de la société en commandite Stationnement de Montréal ont dérobé près de 300 000 $ à leur employeur. Ces derniers étaient affectés à la collecte des sommes d’argent contenues dans les bornes de stationnement et ont profité des faiblesses du système de vérification des activités qui était alors en place.

La Cour du Québec a même précisé que leur stratagème aurait pu se perpétrer encore bien longtemps si ces derniers n’avaient pas été cupides et s’ils s’étaient satisfaits d’une partie des sommes contenues dans les voûtes et s’ils n’avaient pas pris seulement les pièces de monnaie de plus grande valeur. Il est à noter que ce jugement fait l’objet d’un appel par l’un des 3 employés (2018-04-24 (C.A.), 500-10-006718-181).

Dans R. c. Turcotte, l’accusée a été déclarée coupable d’extorsion envers son kinésiologue puisqu’elle aurait tenté de se faire rembourser des traitements en invoquant de fausses accusations criminelles.

Pendant un traitement, elle aurait souhaité avoir des contacts physiques de nature sexuelle et aurait agi de façon suggestive, ce qui aurait alors mis le professionnel très mal à l’aise. Ce dernier n’aurait pas répondu à ses avances. À la fin du traitement, l’accusée lui a même remis un pourboire en plus de ses honoraires, ce qui est inhabituel.

Le lendemain matin, cette dernière lui a réclamé 170 $ sous la menace de déposer des accusations d’attouchement sexuel.

Même s’il s’agissait d’un très petit montant, la Cour du Québec a tenu à préciser que le Code criminel n’exigeait pas que les sommes réclamées soient élevées pour que ce type de crime soit commis. Il faudra surveiller la suite de ce jugement puisqu’il a été porté en appel (2018-01-15 (C.A.), 500-10-006622-185).

Nul n’est à l’abri

Il s’agit de quelques exemples d’arnaque, mais l’imagination des gens qui les mettent en œuvre semble débordante : vol d’identité, fraude par carte de crédit, fraude par courriel, arnaque téléphonique, par message texte, par Facebook, etc. En cas de doute, il est toujours possible de téléphoner au Centre antifraude du Canada, au numéro sans frais suivant : 1 888-495-8501.

Références

  • R. c. Blouin (C.Q., 2018-03-07), 2018 QCCQ 1996, SOQUIJ AZ-51482513.
  • R. c. Lefebvre (C.Q., 2018-03-29), 2018 QCCQ 2265, SOQUIJ AZ-51485252. Songue c. R., appel sur la culpabilité, 2018-04-24 (C.A.), 500-10-006718-181.
  • R. c. Turcotte (C.Q., 2017-12-14), 2017 QCCQ 15184, SOQUIJ AZ-51457352. Détermination de la peine (C.Q., 2018-01-09) 750-01-046209-159. Requête pour suspendre l’exécution de la peine accueillie (C.A., 2018-04-12) 500-10-006622-185, 2018 QCCA 572, SOQUIJ AZ-51484082.
Partager
Tweeter
Partager
Courriel

Une pensée sur “Arnaque : des subterfuges prolifiques”

  1. Serge pilon dit :

    Oui quand quelqu’un nous promet la lune ont doit toute suite se méfier de cette personne .ont n’a qu’à pensée à ceux qui nous propose des placements incroyables….?..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *